Détail du corps de L'homme artériel de tes gigues
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Dans le contexte de l’exposition Le corps en question ? mon œuvre, L’homme artériel de tes gigues, incarne une vision inclusive. Plus grand que nature, le corps représenté dans cette œuvre exprime l'intelligence créatrice se manifestant à travers ses organes vitaux, mais aussi l’acte créateur et la pulsion vitale associés au feu sacré habitant l’artiste. Le personnage évoque sûrement un aspect de mon homme intérieur. La création de L’homme artériel de tes gigues, dans ma quête d’absolu et d’unité avec le monde, parle de l’éclatement du mental qui donne accès à la dimension du corps cosmique. Un corps sans identification englobant tous les aspects et les différences enrichissants de la vie.
Je me revois jeune femme dans la vingtaine, concentrée dans la création d’un tableau. Soudainement, une puissance redoutable se réveille en moi. Au moment où mon pinceau trace un grand trait rouge sur la toile immaculée, une flèche de feu me traverse du coccyx à la fontanelle. Ébranlée par son vrombissement le long de ma colonne vertébrale, j’ai la sensation qu’un geyser explose dans mon cerveau et se dissout, étincelant, dans l’infini du ciel. Durant ces quelques instants, je deviens un espace clair et vide. C’est, je le réaliserai plus tard, un basculement de la conscience.
Ce premier éveil de la kuṇḍalini, déclenché en plein acte de création, est si violent que mon mental s’emballe de concert avec mon cœur. Mon corps brûle et tremble de froid tout à la fois. Le souffle d’un dragon ouvre une brèche dans mon inconscient.
Dans cette nuit noire de mon âme de peintre, je projette sur de très grandes toiles mon état d’ébranlement etet énergie folle qui m’habite. Le corps nu, enduit de peinture, je m’imprime sur leur blancheur pour tenter de m’enraciner dans la matérialité. Puis dans un besoin impérieux de sentir le prix de l’effort physique, j’attaque des panneaux de bois à la torche puis les arrose à grande eau. Attendries par la flamme purificatrice, les fibres révèlent des surfaces texturées qui parlent des ravages de ma propre expérience. Il m’en faut plus encore, alors j’intègre dans mes œuvres des os et des rebuts ramassés dans les cours de récupération. Mes mains pleines d’énergie transforment les scories de l’inconscient collectif en or.
L’homme artériel de tes gigues fait partie de ce cycle de création de ma jeunesse, de ce cycle de mort et de renaissance qu’a généré l’expérience de la montée de la kundalini et de l’explosion du mental s’en suivant.
Le corps de L’homme artériel de tes gigues est constitué d‘éléments issus de la nature : son sexe provient d’un os de baleine que j’ai ramassé sur la grève de Cap-aux-Os en Gaspésie. Serti de pierreries, ce phallus représente également la coupe sacrée de l’ivresse mystique. Son corps est aussi fait de mousse forestière, d’écorces, de champignon poussant sur les arbres et de coquillages de différentes mers autour du globe. L’œuvre est créée également à partir de matières brutes issues de la récupération industrielle. Cette matière récupérée, à une certaine époque, a été vitale pour moi, en ce sens qu’en travaillant avec celle-ci, j’ai eu la sensation de devenir une alchimiste transformant mes conditionnements douloureux et les déchets du corps social en art ou, si l’on veut, en corps plus subtil.
L’homme artériel de tes gigues se tient debout, la tête légèrement penchée : songeur. Les yeux sombres tournés vers l’intérieur, il brille et rayonne pourtant d’une énergie puissante, tout comme son sexe qui se dresse sans honte dans la lumière.
Mon œuvre n’est pas issue d’un fantasme libidineux, elle témoigne d’une quête de dépassement des limites que nous nous imposons. Car en réalité, nous ne sommes pas confinés dans un corps étriqué : nous sommes aussi vastes qu’insaisissables.
L’homme artériel de tes gigues, ce corps organique autant que cosmique qui exprime une part de nous résidant dans l’infinie diversité des éléments.
Le tableau L'homme artériel de tes gigues a été choisi par le poète Gaston Miron pour la mise en scène de son spectacle La marche à l'amour. De 1991 à 1993, mon tableau a été sa mascotte au Théâtre de la Licorne, au Lion d'Or et au Théâtre de la Chapelle à Montréal ainsi qu’au théâtre Le Petit Champlain à Québec. C’est Gaston Miron qui a intitulé mon tableau L’homme artériel de tes gigues, appellation tirée de son poème Compagnons des Amériques.
Le culte de Dionysos :
Lors du vernissage de l’exposition Le corps en question ? j’ai eu le bonheur de converser avec H. Nigel Thomas, romancier, poète et essayiste. Nigel Thomas, avec finesse, a fait une association entre L'homme artériel de tes gigues et le Culte de Dionysos, évocation que j’ai trouvée, à plusieurs points de vue, pertinente.
Définition de Wikipédia : Le culte de Dionysos: divinité grecque du vin, de l'extase et du théâtre, était un culte caractérisé par la recherche d'un état de communion avec le divin, menant à la libération des angoisses de la vie et à la promesse d'un renouveau spirituel ou encore d'immortalité. Les rituels incluaient des festins, des chants, des danses et, selon certaines interprétations, la consommation de substances psychoactives, symbolisant l'expérience de la mort et de la renaissance, comme l'indique le mythe orphique de Dionysos-Zagreus.
Dans le contexte de l’exposition Le corps en question ? mon œuvre, L’homme artériel de tes gigues, incarne une vision inclusive. Plus grand que nature, le corps représenté dans cette œuvre exprime l'intelligence créatrice se manifestant à travers ses organes vitaux, mais aussi l’acte créateur et la pulsion vitale associés au feu sacré habitant l’artiste. Le personnage évoque sûrement un aspect de mon homme intérieur. La création de L’homme artériel de tes gigues, dans ma quête d’absolu et d’unité avec le monde, parle de l’éclatement du mental qui donne accès à la dimension du corps cosmique. Un corps sans identification englobant tous les aspects et les différences enrichissants de la vie.
Je me revois jeune femme dans la vingtaine, concentrée dans la création d’un tableau. Soudainement, une puissance redoutable se réveille en moi. Au moment où mon pinceau trace un grand trait rouge sur la toile immaculée, une flèche de feu me traverse du coccyx à la fontanelle. Ébranlée par son vrombissement le long de ma colonne vertébrale, j’ai la sensation qu’un geyser explose dans mon cerveau et se dissout, étincelant, dans l’infini du ciel. Durant ces quelques instants, je deviens un espace clair et vide. C’est, je le réaliserai plus tard, un basculement de la conscience.
Ce premier éveil de la kuṇḍalini, déclenché en plein acte de création, est si violent que mon mental s’emballe de concert avec mon cœur. Mon corps brûle et tremble de froid tout à la fois. Le souffle d’un dragon ouvre une brèche dans mon inconscient.
Dans cette nuit noire de mon âme de peintre, je projette sur de très grandes toiles mon état d’ébranlement etet énergie folle qui m’habite. Le corps nu, enduit de peinture, je m’imprime sur leur blancheur pour tenter de m’enraciner dans la matérialité. Puis dans un besoin impérieux de sentir le prix de l’effort physique, j’attaque des panneaux de bois à la torche puis les arrose à grande eau. Attendries par la flamme purificatrice, les fibres révèlent des surfaces texturées qui parlent des ravages de ma propre expérience. Il m’en faut plus encore, alors j’intègre dans mes œuvres des os et des rebuts ramassés dans les cours de récupération. Mes mains pleines d’énergie transforment les scories de l’inconscient collectif en or.
L’homme artériel de tes gigues fait partie de ce cycle de création de ma jeunesse, de ce cycle de mort et de renaissance qu’a généré l’expérience de la montée de la kundalini et de l’explosion du mental s’en suivant.
Le corps de L’homme artériel de tes gigues est constitué d‘éléments issus de la nature : son sexe provient d’un os de baleine que j’ai ramassé sur la grève de Cap-aux-Os en Gaspésie. Serti de pierreries, ce phallus représente également la coupe sacrée de l’ivresse mystique. Son corps est aussi fait de mousse forestière, d’écorces, de champignon poussant sur les arbres et de coquillages de différentes mers autour du globe. L’œuvre est créée également à partir de matières brutes issues de la récupération industrielle. Cette matière récupérée, à une certaine époque, a été vitale pour moi, en ce sens qu’en travaillant avec celle-ci, j’ai eu la sensation de devenir une alchimiste transformant mes conditionnements douloureux et les déchets du corps social en art ou, si l’on veut, en corps plus subtil.
L’homme artériel de tes gigues se tient debout, la tête légèrement penchée : songeur. Les yeux sombres tournés vers l’intérieur, il brille et rayonne pourtant d’une énergie puissante, tout comme son sexe qui se dresse sans honte dans la lumière.
Mon œuvre n’est pas issue d’un fantasme libidineux, elle témoigne d’une quête de dépassement des limites que nous nous imposons. Car en réalité, nous ne sommes pas confinés dans un corps étriqué : nous sommes aussi vastes qu’insaisissables.
L’homme artériel de tes gigues, ce corps organique autant que cosmique qui exprime une part de nous résidant dans l’infinie diversité des éléments.
Le tableau L'homme artériel de tes gigues a été choisi par le poète Gaston Miron pour la mise en scène de son spectacle La marche à l'amour. De 1991 à 1993, mon tableau a été sa mascotte au Théâtre de la Licorne, au Lion d'Or et au Théâtre de la Chapelle à Montréal ainsi qu’au théâtre Le Petit Champlain à Québec. C’est Gaston Miron qui a intitulé mon tableau L’homme artériel de tes gigues, appellation tirée de son poème Compagnons des Amériques.
Le culte de Dionysos :
Lors du vernissage de l’exposition Le corps en question ? j’ai eu le bonheur de converser avec H. Nigel Thomas, romancier, poète et essayiste. Nigel Thomas, avec finesse, a fait une association entre L'homme artériel de tes gigues et le Culte de Dionysos, évocation que j’ai trouvée, à plusieurs points de vue, pertinente.
Définition de Wikipédia : Le culte de Dionysos: divinité grecque du vin, de l'extase et du théâtre, était un culte caractérisé par la recherche d'un état de communion avec le divin, menant à la libération des angoisses de la vie et à la promesse d'un renouveau spirituel ou encore d'immortalité. Les rituels incluaient des festins, des chants, des danses et, selon certaines interprétations, la consommation de substances psychoactives, symbolisant l'expérience de la mort et de la renaissance, comme l'indique le mythe orphique de Dionysos-Zagreus.