En ces temps bien difficiles de pandémie, le conte que j'ai écrit et illustré, Shô et les dragons d'eau, me semble approprié. L’histoire que j’ai écrite originellement en français, est présentée ici en anglais dans le petit film d'animation par la maison d'édition Book Teller de Taiwan, ainsi qu'en Chine sous forme d'album et de petit film d'animation. Même si le livre Shô et les dragons d’eau a été crée d’abord comme un album jeunesse, il s’adresse également aux adultes. Son propos et ses images sont une allégorie de notre la conscience miroir. La nature souillée par la pollution est le reflet de notre manque de conscience. La beauté des paysages que j’ai cherché à mettre aussi dans mes images se veut une métaphore de notre vraie nature intérieure originelle qui est naturellement pure. Les perturbations mentales sont de véritables virus qui nous ouvrent pourtant le chemin vers plus de conscience, donc à plus de créativité et de liberté. La musique qui accompagne le film a été composée par le talentueux musicien Jacques Joly. Bon visionnement!
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Les citoyens sont invités à visiter l'exposition artistique Lumin'Art au Parc du 405, avenue Saint-Charles. Nous sommes dix artistes qui avons été invités à peindre d'immenses boules de Noël illuminées qui seront suspendues à une structure dans le Parc. Nous avons transmis à la population nos vœux pour l'occasion. J'ai valsé en pleine nuit sous les boules géantes dans un décor tout simplement féérique. Le lac des Deux-Montagnes était d'un vert turquoise à cause du fort rayonnement arc-en -ciel des DEL.
FÉÉRIE DES FÊTES DE NOËL 2019 DANS LE PARC-VALOISAnnouchka Gravel Galouchko, carte géante de Noêl, acrylique sur panneau de bois Féérie des fêtes au Parc de la Maison- Valois. Les vœux de la communauté. Projet réalisé avec la Ville de Vaudreuil-Dorion dans le cadre du partage mutuel de vœux de la communauté à la communauté. Vingt artistes ont créé leur propre carte de Noël géante. Les cartes tableaux passeront l'hiver dehors dans le Parc de la Maison-Valois, égayant ainsi de façon signifiante notre ville. Mes vœux à la communauté : Dans la ronde éternelle de l'enfance à l'âge adulte, rappelons-nous que le soutien mutuel nous élève. Ma carte de Noël géante est inspirée, de façon totalement inconsciente, des poupées russes ou martriochka, mais aussi de Bobino et Bobinette ainsi que de Michel le magicien dans la boite à surprise. C'est après avoir terminé ma carte que j'ai pris conscience de l'influence qu'avait exercée sur moi dans mon enfance la magie des séries télévisées québécoises pour la jeunesse à la télévision de Radio-Canada. Ces séries cultes ont marqué l'inconscient collectif de bien des gens de façon si merveilleuse! De bons conditionnements! NOËL RUSSE CÉLÉBRÉ LE 7 JANVIERTout change, il nous est nécessaire de nous abandonner au courant de l’existence, à l’évolution perpétuelle de la vie pour trouver l’harmonie.
Aujourd'hui, c'est la Noël russe. Les grandes tablées festives d'antan où notre clan au complet se réunissait joyeusement ont disparues. La tradition et l'unité familiale se sont dissoutes avec le temps. Les nouvelles familles, celles des conjoints, les conflits aussi, les fragilités des uns et des autres, mais surtout c’est le décès de mes parents et grands-parents qui perpétuaient la tradition qui ont donné un coup fatal à cela. Je me suis souvenu qu'aujourd'hui c'est la Noël russe parce que mon père, mes ascendants, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs me manquent parfois soudainement. Notre tribu fêtait deux fois Pâques et deux fois Noël, à la Québécoise (côté maternel), et à la russe (côté paternel), ce qui donnait l'occasion à notre famille de poursuivre la fête plus longtemps. Nous allions le 6 ou le 7 janvier à la Cathédrale russe Saint-Pierre et Saint-Paul de Montréal pour la cérémonie de Noël avant de nous retrouver chez mes grands-parents russes paternels, baba et died. La majesté des rites byzantins, l'iconostase mystérieuse, la rutilance des vêtements sacerdotaux somptueux des popes aux visages de magiciens médiévaux (chevelure aux épaules et longue barbe), les chœurs des vieux, la magie des chandelles hypnotisantes que nous tenions fièrement dans nos mains, toute cette beauté mystique exaltait mes sens d'enfant. Je réalise de plus en plus à quel point le conditionnement familial qui forge notre personnalité et nous donne notre couleur unique est à la fois merveilleux et difficile pour tous. Le tout, c'est d'en extraire la substantifique moelle dans tous les sens du terme. En retenir ce qu'il y a de meilleur, de plus précieux, ou de plus profond ; mais aussi, revisiter ses côtés moins reluisants pour en faire un engrais pour notre créativité, une possible œuvre d'art : ici, c'est l'artiste, l'alchimiste, la chercheuse spirituelle qui parle. Transformer les conditions adverses en la voie de l'illumination. Les aspects peu reluisants de nos conditionnements ne sont pas dangereux en soi, que des reflets qui nous informent et nous montrent où nous en sommes. Ils nous informent pour retourner à l'informe, à la lumière. Voici un très beau texte de Thich Nhat Hanh, un magnifique message pour la période de Noël. Et parce-que c'est la Noël russe aujourd'hui, je me permets de le publier pour vous. Message de Thầy pour la période de Noël La période de Noël, dans la culture occidentale est un moment de l'année où tous les membres de la famille essaient de se réunir, où que l'on soit on essaie de revenir chez soi, comme au nouvel an lunaire au Vietnam. Nous décorons notre maison pour qu’elle soit douillette et confortable. Nous rêvons tous d'avoir un foyer où nous nous sentons bien : alors, nous n'éprouvons pas le besoin de chercher ailleurs, nous ne poursuivons plus rien. A la recherche de notre demeure Dès sa naissance, Jésus Christ était un refugié sans maison. En grandissant, quand il devint jeune homme, cette situation continua : il fut un vagabond sans véritable demeure. Dans un de ses discours il affirma :"Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » (Matthieu, 8 :20) Siddhartha, adulte, s'est trouvé dans une situation similaire. Né dans une famille royale, riche, il pouvait avoir tout ce qu'il désirait ; il avait une belle femme, un fils très mignon et un avenir brillant devant lui. Il était destiné à devenir roi et à régner sur un grand empire ; mais il ne se sentais pas à l'aise, il ne se sentait pas chez lui. C'est pourquoi il dut quitter sa famille et partir à la recherche de sa véritable demeure, de la paix intérieure. Tous deux, Jésus et Siddhartha cherchaient leur vraie demeure. Ils voulaient trouver une demeure où ils n'auraient plus besoin de chercher quoique ce soit, où ils se sentiraient véritablement chez eux et en paix. Les occidentaux ont une expression « rien ne vaut son chez-soi"(« There is nothing like home ») exprimant le sentiment qu'il n'y a rien de mieux que de pouvoir revenir chez soi après en avoir été éloigné. Mais pourtant nous ne nous sentons pas chez nous, même lorsque nous sommes avec notre famille, même dans notre maison parce que dans notre famille il n'y a pas suffisamment de chaleur, de paix, il n'y a pas assez d'amour. Nous n'y sommes pas à l'aise. Nous n'y sommes pas heureux. Certains d'entre nous vivons dans notre pays natal et pourtant nous avons envie de partir pour aller vivre ailleurs. Nous sentons que nous n'avons pas de vraie demeure. Certaines personnes juives ressentent qu'elles n'ont pas de pays. Elles vagabondent et cherchent leur pays depuis des milliers d'années - un endroit, un morceau de terrain qu’elles puissent appeler leur pays, et même de nos jours ils n'ont pas encore trouvé ce pays. Et nous les français, les anglais, les vietnamiens, les américains, nous sommes chez nous, dans notre pays, dans notre patrie mais nous ne sommes pas contents et nous avons envie d’aller ailleurs. C'est que nous n'avons pas encore trouvé notre véritable demeure, dans notre cœur. Cet hiver, même si nous achetons un sapin de Noel pour décorer notre maison cela ne signifie pas pour autant que nous ayons trouvé notre vraie demeure ou que nous nous sentions bien dans notre pays. Il doit y avoir l'amour, la chaleur et l'épanouissement pour que notre demeure soit un vrai "chez soi". Notre véritable demeure Jésus Christ a finalement trouvé sa vraie demeure en son cœur. Il y a trouvé la lumière. Il a enseigné à ses disciples qu'eux aussi avaient leur propre lumière et leur a appris comment faire briller cette lumière pour que les autres puissent la voir. Bouddha Sakyamuni a enseigné que notre véritable demeure peut être trouvée dans le moment présent. Il nous a offert des pratiques très concrètes pour trouver celle-ci, nous rappelant qu'en chacun, chacune de nous il y a une île du soi, fiable, où nous sommes en sécurité et à laquelle nous pouvons retourner pour entrer en contact avec tous nos ancêtres génétiques et spirituels, avec toutes les merveilles de la vie. Dans cette île du soi nous trouvons la paix et la plénitude. Siddhârta Gotama a trouvé sa vraie demeure et il voulait que chaque personne soit capable de la trouver aussi. Dans sa 80ème année, le Bouddha sachant que quelques mois plus tard il quitterait cette vie, ressentit beaucoup de compassion pour ses étudiants, pour ses amis parce que parmi eux il y en avait qui n'avaient pas encore trouvé leur vraie demeure. Si le Bouddha mourait, c'était sûr, ils se sentiraient très seuls, très perdus. C'était pendant la retraite de trois mois de la saison des pluies, le Bouddha résidait à l'extérieur de la ville de Vaishali au nord du Gange. Durant cette retraite il tomba très malade. L'intendant du Bouddha, le Vénérable Ananda pensa que son Maître mourrait très bientôt, et alla dans la forêt derrière un arbre pour se cacher et pleurer. Le Bouddha utilisa toute son énergie de concentration pour ralentir le processus de sa maladie et pour trouver la force de vivre quelques semaines de plus afin de pouvoir ainsi retourner dans sa ville natale, Kapilavastu, et y mourir paisiblement. L'Île du Soi A la fin de la retraite de la saison des pluies le Bouddha alla dans la ville de Vaishali pour rendre visite à ses disciples, les moines, les moniales, les étudiants laïques qui pratiquaient dans leur propre sangha. Partout où il allait, il offrait un petit discours du Dharma qui durait cinq ou dix minutes. Le sujet de tous ses mini-discours était principalement centré sur le thème de la vraie demeure. Il savait bien qu'après son départ beaucoup de ses disciples se sentiraient très perdus et très seuls. Le Bouddha leur enseigna qu'il y a un endroit de refuge en eux-mêmes et que c'était le seul endroit où ils pouvaient et devaient prendre refuge. Nous aussi, devons prendre refuge dans cette demeure et ne prendre refuge en personne d'autre ni en rien d'autre. Cet endroit de refuge est "l'île du soi", c'est le Dharma authentique, là où nous pouvons trouver la paix, la protection, nos ancêtres et nos racines. C'est notre véritable demeure - notre île intérieure - où se trouve la lumière du vrai Dharma. On y retourne pour avoir la lumière, la sécurité parce que cette île n'est pas emportée par les vagues de l'océan. Prendre refuge dans son île du soi, dans son île intérieure est une pratique très importante. Nous avons une chanson au Village des Pruniers intitulée "Retourner dans notre île intérieure". Cette chanson est à propos de la pratique du refuge en soi-même. Si nous sentons que nous ne sommes pas rentréchez nous, que nous cherchons encore notre patrie ou que nous nous sentons seul alors cette pratique est pour nous. Cette chanson peut nous aider à nous rappeler cette pratique : prendre refuge dans l'île intérieure. La pratique, notre refuge Vers le 4ème ou 5ème siècle lorsque ces mini-enseignements ont été traduits en chinois, les moines ont traduit l'île du soi comme "tự châu" ("tự" est soi et "châu est île). "Chers moines, retournez à votre île du soi pour y prendre refuge et sachez comment y revenir". Ce sont les mots du Bouddha avant qu'il ne meure. Si nous nous considérons comme les âmes sœurs du Bouddha, comme de vrais étudiants du Bouddha, et que nous suivons ses enseignements alors nous devrions suivre son conseil et trouver cette vraie demeure et ne pas la chercher dans l'espace et dans le temps. Nous devons la trouver dans notre propre cœur et là il y a tout ce dont nous avons besoin. C'est là où nous allons rencontrer tous nos ancêtres génétiques et spirituels, et entrer en contact avec nos racines, notre héritage. Nous allons y trouver la paix, la sécurité, la lumière de la sagesse. Prenons refuge dans notre île intérieure, prenons refuge dans l'île du Dharma, dans rien ni personne d'autre, y compris Thầy. L'amour du Bouddha est immense. Il savait que beaucoup de ses étudiants allaient se sentir perdus, seuls après son départ et il leur rappelait que ce corps n'est pas quelque chose de permanent, ni d'éternel. Il leur enseignait que le plus important pour eux était de prendre refuge dans leur île intérieure. Nous savons qu'elle est toujours là pour nous. Nous n'avons pas besoin de prendre un avion, un train ou un autobus pour y aller, mais grâce à notre respiration en pleine conscience et nos pas en pleine conscience, nous pouvons y être immédiatement. Notre île intérieure est notre vrai refuge. C'est notre pratique du Dharma. A Noel si vous achetez un sapin pour décorer votre maison sachez que votre vraie demeure ne se trouve pas à l'extérieur de vous mais à l'intérieur de votre cœur. Nous n'avons pas besoin de ramener quelque chose chez nous pour nous y sentir bien. Nous avons tout ce dont nous avons besoin dans notre cœur. Nous n'avons pas besoin de pratiquer de nombreuses années ou de voyager loin pour y retourner. Si nous savons comment faire, si nous savons comment utiliser l'énergie de la pleine conscience et de la concentration alors on peut y revenir tout de suite à chacun de nos pas, à chacune de nos respirations. Notre vraie demeure n'est pas un lieu lointain séparé par le temps et l'espace. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons acheter. Elle peut être présente dans le moment présent si nous savons comment faire. Chez soi dans le moment présent Il y a quelques jours, Thầy pensait au message qu'il souhaitait envoyer à ses ami(e)s et étudiant(e)s pour qu'ils puissent fait comme Jésus ou comme le Bouddha. Thầy a écrit cette calligraphie : "Il n'y a pas un chemin à chercher pour aller chez soi, Notre chez-soi est le chemin. » Cela signifie que le chemin et l'outil ne sont pas deux choses séparées. "Il n'y a pas de chemin à chercher pour aller chez soi" Notre "chez soi" est le chemin. Quand nous faisons un pas sur ce chemin alors nous nous sentons chez nous tout de suite, à ce moment précis. C'est très authentique, c'est la pratique du village des Pruniers. Il n'y a aucun chemin menant au bonheur, le bonheur est le chemin. Récemment Thay a également partagé lors d'un de ses enseignements qu'il n'y a aucun chemin menant au Nirvana, le Nirvana est le chemin. Chaque pas, chaque respiration est capable de nous ramener chez nous, dans l'ici et le maintenant. C'est la pratique fondamentale du Village des Pruniers. C'est le message que Thầy veut envoyer à tous ses amis et étudiants durant cette saison de Noel. Si vous voulez envoyer des vœux à vos ami(e)s et bien-aimé(e)s vous pouvez envoyer ce message. Si vous pouvez le pratiquer véritablement, alors votre envoi aura une signification profonde ; mais si vous ne le pratiquez pas, alors ce message n'aura aucune valeur. Réjouissons-nous de notre pratique de revenir chez soi en cette saison de fêtes. Soyons véritablement dans notre "chez soi" et devenons ainsi une maison pour nos bien-aimé(e)s et tous nos ami(e)s. Avec confiance et amour Thầy Dans ces œuvres picturales, j’ai eu tendance à utiliser des détails d’œuvres anciennes comme éléments de composition.
Mes tableaux en général ne parlent pas d’un temps linéaire; ils sont plutôt une représentation de la simultanéité de l’Être qui transcende le temps. Notre conscience est toujours ici et maintenant. Nous ne disposons plus que du souvenir qui est une réduction de l’expérience vécue dans une forme malléable par notre intellect. Dans mes tableaux plus récents, les représentations de l’Être se multiplient exprimant ainsi que nous sommes toujours présents. Passé, présent et futur se confondent, annulant ainsi le temps. En écoutant récemment une conférence de Daniel Odier : j’ai, une fois de plus, constaté combien j’étais profondément connecté aux traditions spirituelles orientales non duelles. Daniel Odier, qui est un Maître au parcours particulièrement vaste, a été nommé Maître chan en 2004 par l’un des plus grands Maître chan chinois, Jin Hui Sifu. Daniel Odier est aussi Maître du shivaïsme tantrique cachemirien et a été initié au Mahamudra cachemirien ainsi qu’au Dzogchen tibétain. Daniel Odier nous parle de l'Assam et du Cachemire comme ayant été des importants carrefours faisant partie du réseau de la route de la soie par lequel transitaient de nombreuses richesses matérielles, spirituelles et culturelles. Les traditions spirituelles différentes, chinoises, tibétaines, indiennes, soufis s’harmonisaient, s’influençaient mutuellement et se magnifiaient. Il n’y avait pas de ségrégation ni de préjugés face aux femmes. Celles-ci pouvaient s’épanouir en ces lieux bénis des dieux, devenir des Maîtres et enseigner. Les tantriques considéraient hautement les soufis et c’était réciproque. Ils dansaient la danse cosmique ensemble, celle qui unit le corps avec le cosmos. Ils vibraient ensemble aux musiques remplies d’ivresse divine. Pour moi, cette culture universelle ample, qui fait des ponts entre les traditions et les cultures spirituelles, ressemble à ce que l’on pourrait imaginer comme l’esprit du paradis terrestre! Souffles II, III, IV, V, VI, VII
Dans cette série de tableaux, les yogis (ou apprentis yogis) font l’amour avec la Vie. Quand ils méditent profondément, ils ont parfois l’impression de mourir. Faire zazen c’est entrer dans son cercueil, leurs corps deviennent vaporeux et perdent parfois leurs limites. Dans le cercle, le yin et le yang se pénètrent mutuellement, alors que le temps disparaît avec l’activité mentale. Isolés dans leur grotte ou leur maison, les yogis rentrent avant tout en union mystique avec l’existence elle-même. Le manque de liberté que peut ressentir intensément l’adepte dans son voyage initiatique est pourtant la porte qui le mène vers la liberté. © Annouchka Gravel Galouchko, I Shin den Shin, (De mon Cœur à ton Cœur), acrylique et procédés mixtes sur toile, 71cm x 91,5 cm, 1996. Image tirée de la monographie sur l’artiste, Envol Imaginaire, Images, Les 400 coups, Montréal 1998 Í Shin den Shin est une expression zen qui parle de la transmission directe et non verbale, de mon cœur à ton cœur, ou, de mon âme à ton âme, du Maître au disciple, dans une grande ouverture du corps et de son ressenti.
Pour vous situer dans mon parcours, nous avons suivi durant dix ans, mon compagnon de vie, Stéphan Daigle et moi, les enseignements d’un maître zen, Gilbert Luc Tissinié, « MuKiKu ». Nous avons étudié en tant que laïcs au monastère MuKiKu Zen-Ji. Ce maître zen, aujourd’hui décédé, a joué un immense rôle dans ma vie : il pouvait contenir ma soif d’absolu. Il me disait qu’il n’était pas nécessaire de boire la mer pour se désaltérer, qu’il suffisait de boire un verre d’eau, de contempler l’univers dans un verre d'eau ou un bol de thé. Dans mon image, le Maitre, (chan, taoïste ou shintoïste) donne à boire un verre d’eau (ou de thé) à son disciple dans un rituel de purification et de renouvellement. À leurs pieds, sous l’eau du lac, un mariage est célébré. Une autre union, représentée par un couple de yogis se déroule simultanément. Le précieux vase chinois alchimique (ou la précieuse théière) bout en émettant de la vapeur : il illustre la transmutation de l’élément eau en élément air. C’est évidemment là une métaphore. J’ai appris récemment que durant les cérémonies d'initiation entre maître et disciple, le disciple donnait à boire un verre de thé à son maître taoïste. On estime, L’herbe divine, le thé, comme étant un "médicament des immortels , une Voie d’éveil spirituel. La connaissance me semble accessible universellement dès que l’esprit transcende la dualité. Grâce à mon vécu qui m'a ouvert l'esprit dès mon plus jeune âge dans différents pays, je vibre spontanément aux couleurs de différentes traditions spirituelles dès qu’elles m’apparaissent non duelles. Plus particulièrement à celles que l’on retrouve dans le bouddhisme zen japonais, le chan (le zen chinois des origines), le soufisme, le taoïsme, la philosophie de l'Advaîta Védânta (l'une des écoles philosophiques hindouistes non duelle du Védânta), le shivaïsme cachemirien, le Dzogchen tibétain, le bouddhisme vajrayana ou bouddhisme tantrique non duel, mais aussi, dans les enseignements authentiques non duels du Christ. ©Annouchka Gravel Galouchko, Montréal, acrylique et procédés mixtes sur bois, 218 cm x 76 cm, 1994. Image tirée de la monographie sur l’artiste, Envol Imaginaire, Images, Les 400 coups, Montréal 1998. ©Annouchka Gravel Galouchko, Phénix, acrylique et procédés mixtes sur bois, 218 cm x 76 cm, 1994-2008, Image tirée de la monographie sur l’artiste, Envol Imaginaire, Images, les 400 coups, Montréal, 1998. Ici dans le premier tableau nommé Montréal, l’absence de liberté se fait sentir. Tous ces personnages semblent entassés comme s’ils étaient en cage. Dans le second tableau, après le passage de la Kundalini, l’énergie primordiale qui circule dans le canal central se libère : le Phénix renaît de ses cendres. Le voyage de l’âme est pourtant loin d’être terminé. C’est là une simple étape qui est franchie.
L’utilisation de textures, de matériaux végétaux et organiques témoigne de ma reconnaissance d’un lien intime, d’une relation physiologique avec la terre. À différentes périodes de ma vie, j’ai choisi de vivre pendant de nombreuses années dans un environnement connecté avec les éléments (fleuve, lac, mer, montagnes, champs, forêts). L’ancrage intérieur que permet la nature qui est vierge de l’empreinte culturelle correspond pour moi à une nécessité intérieure impérative. La matière brute de la récupération industrielle demeure aussi fascinante pour moi, en ce sens qu’en travaillant avec celle-ci et à partir de celle-ci, j’ai la sensation de devenir une alchimiste transformant les déchets du corps social en or. Évidemment, à la base, ces éléments doivent m’inspirer. Tout comme ma collection d’imprimés et de documents photocopiés qui relèvent d’une filiation sensible, la même chose se produit avec les rebuts industriels. ©Annouchka Gravel Galouchko, Oies, ânes et chat du Nil, gouache fine sur papier Arches, 48 cm x 48 cm, 1994. Mon père, Alexandre Galouchko et mon petit frère entourés de jeunes égyptiens fascinés, encore à cette époque, par les étrangers Notre famille a vécu durant trois années en Égypte. Nous sommes allés à l’école Franciscaine du Caire, sur l’île enchanteresse de Zamalec. Le matin, le braiment de l’âne chargé de paniers d’oranges me réveillait. Nous avons vécu dans ce quartier riche et luxuriant aux larges rues bordées d’arbres voluptueux et de maisons aussi colorées que des fleurs. Les jardins de mille et une nuits, les palais, les musées, les ambassades, les parcs immenses et les mendiants criblés de mouches nous crevant le cœur étaient le paysage journalier de notre chemin d’écoliers. L’Égypte et l’Iran furent pour moi des lieux odoriférants d’ancrage sans ancrage véritable. Leurs effluves étaient ma terre sensuelle, tout comme mes parents étaient ma terre émotionnelle. Malgré la forme d’instabilité que nous procuraient tous ces déplacements en pays lointains, ma famille avait adopté avec bonheur la saveur de sa vie aventureuse. Au bout de la nuit ton soleil se lèvera, 202 cm x 90 cm, 2009, acrylique et procédés mixtes sur bois Lorsque j’ai créé le tableau, Au bout de ta nuit, ton soleil se lèvera, mon vieux père que j’adorais souffrait d’un cancer des os. Sa mort était imminente. Ce tableau est un hommage à mon père qui a profondément aimé l’Égypte et son peuple si souriant. Hommage aussi au couple éternel, représenté par Ramsès II et la reine Nefertari, couple uni qui s'est manifesté dans mon enfance par celui de mes parents.
Comme un drapeau ou l’oriflamme de prières tibétaines, les mots d'amour tirés du Sutra du Cœur que j'ai inscrits dans cette œuvre, s'envoleront emportés par le vent, tel un pollen allant féconder le cœur du monde : « La forme est vide, le vide est forme, œil, oreille, nez, langue, corps, esprit, couleur, son, odeur, goût, toucher, il n’existe rien. Ni vieillesse, ni mort, ni fin de la vieillesse et de la mort, ni souffrance, ni cause, ni fin de la souffrance, ni chemin, ni sagesse, ni profit! » ©Annouchka Gravel Galouchko Le jardin de monsieur Préfontaine (Les élémentaux), acrylique sur papier Arches, 56 cm x 76 cm 1982-1990. Image tirée du livre Le jardin de monsieur Préfontaine, Éditions Les 4oo coups, Montréal, 1997
Journal VOIR, février 1998 Livres Patricia Belzil Les ravages du verglas sur les arbres ont suscité de sincères indignations contre mère Nature, soudain si cruelle envers ses fistons branchus. Le paysage de désolation qu'offraient échines pliées, bras fracturées et têtes tombées, si terrible fût-il, n'est pourtant rien en comparaison des outrages que les hommes , partout et toujours, infligent aux forêts. À la radio, une toute petite fille expliquait, pleine de chagrin:"Un arbre, c'est comme une personne. Quand je touche à son tronc, j'ai l'impression de toucher à quelqu'un." On lira ces jours-ci, avec peut-être un peu plus d'émotion, une très belle histoire d'arbres parue récemment. Annouchka Gravel Galouchko raconte et illustre Le jardin de monsieur Préfontaine. Chaque page célèbre cette enclave luxuriante de parfums et de couleurs,"follement exotique", où chante une fontaine libre et dansent les arbres fruitiers. Quel imaginaire libre, chez cette artiste, qui convie l'anthropomorphisme, la perspective anarchique et le pointillisme mouvementé! Mais l'histoire est triste, car monsieur Préfontaine confie à corbeau l'exploitation de son verger. Le vilain arrache, sans discernement, fleurs et fougères. Les oiseaux s'enfuient, le jardin se meurt... et Corbeau abandonne le désastre à son propriétaire anéanti. On verra qu'avec beaucoup de travail monsieur Préfontaine ramènera la vie autour de la fontaine. Éditions les 400 coups, coll." Les grands albums", 1997 Commentaire de l'auteur: Le jardin de monsieur Préfontaine que j’ai illustré et écrit en 1997, témoigne aussi de ma démarche, une démarche vivante qui veut s’intégrer au quotidien, s’incarner dans la matière: Monsieur Préfontaine, après avoir perdu la fortune reçue en héritage qui lui permettait d’entretenir un domaine de beauté, a été obligé de trouver en lui-même les ressources pour le faire renaître. Est-ce là, à nouveau, une métaphore du travail à entreprendre? Je suis également auteure. Au tout début des années 1980, isolée dans un village en Gaspésie, j’ai peint les premières images et amorcé l’écriture d’un de mes futurs albums, Le jardin de Monsieur Préfontaine. Le livre parle de la blessure laissée par la perte du paradis. Après avoir perdu la fortune reçue en héritage qui lui permettait d’entretenir un domaine de beauté, Monsieur Préfontaine est obligé de trouver en lui-même les ressources pour le faire renaître. Il doit retrouver au cœur même de l’être, le jardin intérieur immortel et indestructible. ©Annouchka Gravel Galouchko, Festival du cinéma chinois, acrylique et procédés mixtes sur papier, 62 cm x 39 cm, Image réalisée pour l’affiche du Festival du cinéma canadien chinois contemporain à Montréal, Office National du Film, Montréal, 1988 Cette image, je l’ai réalisée en 1988 en noir et blanc pour l’affiche du festival du Cinéma canadien chinois Contemporain, en lien avec l’Office national du film du Canada et la Cinémathèque québécoise de Montréal.
Le Centre de la communauté chinoise de Montréal située sur la rue Saint-Dominique a fait appel, à l’époque, à mes services pour la création de l’affiche du Festival. J’y ai relié des icônes culturelles orientales principalement chinoises, le cinéma et Montréal de façon poétique et onirique. |
Improvisation Hélène Élise Blais et Annouchka Gravel Galouchko, 2004
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